Comment ressentir le moment présent ?

Interview avec Elisabeth Allier, formatrice en méditation de pleine conscience et créatrice de Mieux-être au travail

Comment ressentir le moment présent ?

Pour la plupart d’entre nous, la vie d’aujourd’hui suit un rythme effréné. Remplie de stress et de pressions. Nous devons répondre aux besoins qu’imposent notre vie familiale, notre vie au travail. Et ce, avant même de prendre soin de nous.

Mais avec le temps, notre capacité à affronter cet environnement exigeant diminue. Faire face au quotidien peut devenir plus difficile. Un cercle vicieux s’instaure.

Pourquoi sommes-nous de plus en plus stressés ?

 

Tout d’abord, les sources de stress (au travail en particulier) sont plus nombreuses, liées à une exigence accrue, un rythme soutenu, un environnement agité et peu confortable : transports, diktat du “Tout est urgent”, nombreuses sollicitations en tout genre, changements souvent rapides qui exigent une forte adaptabilité…

D’autre part, les facteurs de protection contre le stress diminuent, comme le sens et le lien social.

Tout cela contribue à nous sentir davantage stressés.

N’avons-nous pas également notre part de responsabilité : en toute honnêteté, ne nous imposons-nous pas des stress inutiles, dans notre vie professionnelle et notre vie privée ?

 

Pourquoi n’arrivons-nous pas à nous détacher de cet environnement ?

 

Notre style de vie y est pour beaucoup : nous enchaînons les activités, nous faisons plusieurs choses à la fois. Nous vivons en “mode robot”.

Par ailleurs, la société et nous-mêmes, nous imposons un niveau d’exigence élevé, dans nos différents rôles : nous devons être irréprochables, “au top” au travail, dans notre vie personnelle…

Si nous ne choisissons pas régulièrement de nous poser, dans ce rythme effréné, nous pouvons continuer ainsi pendant des mois voire des années. Avec le risque, au final, de nous écrouler (cf burn out).

 

Nous affrontons tous le stress de manière différente, est-ce que nous finissons tous par atteindre notre propre limite ?

 

Tout va dépendre :

1-de la façon dont nous abordons nos “stresseurs” (=personnes, situations ou comportements qui provoquent du stress en nous), en particulier ceux pour lesquelles nous n’avons pas beaucoup d’emprise ou que nous ne pouvons pas changer. Ainsi, si nous travaillons avec un collègue irascible ou d’humeur changeante, 3 options s’offrent à nous : 1- réagir à son comportement, en nous emportant. 2- ne rien dire et ruminer ou bien 3- prendre du recul par rapport à ce comportement difficile. Et ainsi exprimer à notre collègue notre ressenti, de façon sereine et pertinente.

2- de notre “armure contre le stress”. Si par ailleurs, nous avons su développer des comportements “anti-stress” (faire de l’exercice, manger sainement, avoir une vie sociale en dehors du travail, pratiquer un hobby, s’accorder un petit plaisir quotidien : marcher dans un joli cadre, promener son chien, appeler une amie, feuilleter un livre captivant…), il nous sera plus facile de ne pas atteindre cette limite.

 

Pourquoi est-il essentiel de pouvoir se détacher ?

 

Si nous vivons en permanence stressés (on parle alors de stress chronique), nous malmenons notre corps.

Sous l’emprise du stress, nous produisons 2 hormones dites “hormones du stress” : adrénaline et cortisol. Ce sont elles qui, sur une durée déterminée, vont nous permettre de mobiliser nos ressources pour relever le défi qui nous est lancé.

En revanche, sur la durée, ces 2 hormones deviennent nuisibles pour notre corps.

Voilà pourquoi, il est important de nous détacher.

Par exemple, en apprenant à lâcher le “mode mental” pour revenir dans le moment présent.



Mais qu’est-ce que le moment présent ? Que faut-il ressentir ?

 

Le moment présent, c’est là maintenant.

Vivre le moment présent, c’est faire l’expérience de ce qui se passe :

1-en nous, à cet instant : quelles sensations corporelles ? Quelles émotions ? Quelles pensées ? ET

2- autour de nous : bruits, odeurs, mouvements, température extérieure…

Il n’y a rien à ressentir en particulier. Aucun résultat à atteindre. Simplement observer, accueillir, laisser être. Lâcher le “mode faire” pour être.

Il n’est pas toujours facile de nous reconnecter au moment présent. Notre style de vie nous complique la tâche (nous l’avons vu précédemment). Si bien que notre corps est là, bien sûr mais notre esprit est ailleurs, happé par mille pensées qui l’emmènent dans le passé (“C’était si bien avant, j’ai oublié de rappeler untel…”), dans le futur (“J’appréhende la réunion de demain”...), dans l’action (“Il faut que je prenne RDV avec ce client”...) ou dans le jugement (“Je ne vais pas y arriver, c’est trop dur, je ne suis pas capable…”)

De sorte que nous vivons en “mode robot”. En méditation, on parle de “pilote automatique” : nous ne sommes pas ancrés dans l’instant présent. Nous ne sommes pas présents à notre vie.

Or moins nous sommes présents à notre vie, plus grand est notre risque d’oublis (“Ai-je bien fermé la porte à clef ?”...) ou d’erreurs dans nos actions (ce qui arrive quand machinalement, au volant de notre voiture, nous prenons notre chemin habituel alors que ce n’est pas notre destination aujourd’hui), dans nos jugements (quand nous décrochons notre téléphone alors que nous sommes déjà en entretien avec une autre personne : à qui donnons-nous la priorité ?)

Moins nous sommes présents à notre vie, moins grand est notre bien-être.

Quel exercice pour ressentir le moment présent ?

 

On le voit, notre esprit nous joue des tours : une pensée en appelle une autre qui nous éloigne du moment présent.

En revanche, notre corps, notre respiration sont toujours là, dans le moment présent.

Ainsi, en nous reconnectant à notre respiration et/ou à nos sensations corporelles, nous permettons à notre esprit de se poser dans l’instant présent.

Voici un exercice qui peut vous aider :

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