Je n'arrête pas de râler, comment changer ?

Karine Alléon, Coach et formatrice en épanouissement personnel et professionnel, fondatrice de Coach In Sens, nous aide à répondre.

Je n'arrête pas de râler, comment changer ?

D'abord, qu'est-ce que râler ?

 

Râler, c'est s'exprimer, s'insurger contre quelque chose, une situation, un événement qui nous dérange, que nous ne voudrions pas voir ou vivre, et qui suscite une réaction émotionnelle vive.

 

« Vous vous rendez compte, cela fait 3 jours qu'il pleut ! »

« Ces bus, toujours en retard, on ne peut pas compter sur eux ! »

« Les impôts, ça ne devrait pas exister, et qu'est-ce qu'il nous reste après ? »

« Ce voisin est toujours mal garé, y en a marre ! »

« Range ta chambre, j'en ai marre de la voir toujours en désordre ! Tu vas être privé de sortie. »

 

Mais pourquoi râle-t-on ?

 

On peut reconnaître que les Français ont la réputation d'être de sacrés râleurs et nous avons pris cette habitude. Dans les 3 premiers exemples, nous voyons que râler est avant tout un moyen de créer du lien.

Sa première fonction est donc sociale, elle permet de se rassembler autour de sujets communs et de créer ainsi du lien avec les autres : on râle contre le mauvais temps, les impôts, le retard des transports… tant de sujets auxquels nous sommes confrontés, que nous partageons plus ou moins dans notre vie quotidienne, et pour lesquels on souhaite obtenir l'adhésion des personnes à qui on l'exprime.

Ce besoin de se rassembler vient du fait que l'être humain est un être social et grégaire, qui a besoin de vivre en relation avec les autres. Il a besoin de se rassembler autour de causes et de besoins communs : créer une maison, une ville, survivre, lutter contre les ennemis, contre la maladie, pour la paix ou contre la guerre…

 

Comment cela fonctionne-t-il  ?

 

Dans les 2 autres exemples, nous voyons que nous quittons les « causes générales » pour entrer dans la sphère privée, où nous pouvons aussi exprimer nos râleries tout au long de la journée.

Vous reconnaissez-vous ici ? Du matin jusqu'au soir, avez-vous l'habitude de relever toutes les choses qui selon vous ne tournent pas rond ? Vous sentez-vous souvent réactif-ve aux événements extérieurs, aux attitudes des autres, au point que vous passez votre temps à vous énerver contre eux, et même contre vous-même ?

 

« Je ne peux supporter ce collègue : toujours en train de faire des blagues nulles, de recoiffer ses cheveux, de se faire mousser… ! »

« Mince, j'ai tâché mon chemisier, je suis incapable de manger correctement ! »

La râlerie est un degré de la colère. Quand quelque chose nous énerve, c'est qu'on éprouve de la colère, n'est-ce pas ?

 

 

Je n'arrive pas à savoir pourquoi je suis en colère

 

L'expression de colère face aux situations qui nous déplaisent, est l'expression d'un malaise du à un besoin non satisfait :

 

« je préférerais qu'il y ait du soleil et je n'aime pas avoir les pieds mouillés. »

« j'ai besoin d'être à l'heure à mon rendez-vous. »

« j'aimerais être à l'aise financièrement. »

« je voudrais aussi avoir de la place pour garer ma voiture, ou avoir la place de marcher sur le trottoir. »

« j'ai besoin d'ordre dans ma maison et que mes enfants m'aident pour cela. »

 

Parfois l'expression de ce besoin est facile, d'autres fois il n'est pas assez conscient pour être dit clairement : « j'ai besoin de ceci... » et il s'exprime alors d'une façon réactive tournée vers l'extérieur « ce type m'exaspère... ».

 

C'est un premier point que vous pouvez examiner chaque fois que vous sentez l'émotion de colère monter en vous : quelque chose me dérange, qu'y a-t-il derrière ? Quel besoin en moi n'est pas satisfait ?

 

Je n'arrive pas à l'exprimer

 

Exprimer ses émotions peut être difficile voir impossible pour certains d'entre nous. En effet, notre éducation, nos expériences de vie ou le milieu dans lequel nous évoluons (au travail par exemple) ne nous ont peut-être pas permis ou ne nous permettent pas de les exprimer.

 

Nous devons comprendre que les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises, il n'y en a pas de positives ou de négatives. D'une part, elles font partie de nos « outils » d'être humain, faisant le lien entre notre intériorité (qu'est-ce qui se passe en moi?) et l'extérieur.

C'est ce que signifie le mot émotion : issu de l'ancien français « motio » qui signifie « action de mouvoir, mouvement » et du préfixe « e, ex » qui signifie « hors de ». Une émotion est une réaction interne psychologique et physique à une stimulation (la situation vécue) et qui génère une réaction vers l'extérieur.

 

D'autre part, les émotions constituent un moyen d'expression avec notre environnement, c'est-à-dire avec les autres. C'est pourquoi il est important d'apprendre à les reconnaître, les accepter, et surtout de s'autoriser à les exprimer.

Cependant, certaines émotions ont mauvaise presse et sont mal acceptées, en particulier la colère. L'empêchement inconscient de l'exprimer, crée une barrière en nous, nous éloigne de notre intériorité et du moyen de la dire clairement et sainement. A force, ce blocage répété peut créer une pression qui a besoin d'être relâchée régulièrement. C'est pourquoi, nous pouvons parfois l'exprimer de manière vive ou agressive.

 

Alors quoi faire ? Peut-on changer cette habitude ?

 

Il y a des situations que l'on peut changer et d'autres non. La différence est de taille et il est important d'identifier et de distinguer les unes des autres.

Car en effet, il s'agit bien de changer sa propre attitude et sa réaction ; ce proverbe tibétain l'illustre très bien : « Si le problème a une solution, il ne sert à rien de s'inquiéter. Mais s'il n'en a pas, alors s'inquiéter ne change rien. »

 

Il ne sert à rien de s'énerver contre les choses sur lesquelles nous n'avons pas de prise : on ne peut pas changer le temps qu'il fait, ni le retard du bus, mais on peut modifier la façon dont nous réagissons face à ces situations que nous trouvons désagréables.

Vous allez arriver en retard à votre rendez-vous, plutôt que vous énerver, que pouvez-vous faire dans l'instant présent : peut-être prévenir la personne qui vous attend et vous excuser. Penser à ce que vous pouvez faire de différent la prochaine fois pour éviter que cela se reproduise ?

 

Une autre motivation non négligeable à changer notre habitude de réaction est que la colère libère dans le corps des hormones qui induisent du stress et à terme qui peut se cristalliser en diverses maladies. Le stress ponctuel est utile pour faire face à une situation de danger. Mais le stress prolongé est un poison sur le long terme, car il épuise les ressources physiques, émotionnelles et mentales de l'organisme et l'affaiblit.

 

Agir sur les choses que l'on peut changer

 

En réalité, nous ne pouvons pas changer les autres, nous pouvons apprendre à communiquer avec eux, à exprimer nos besoins, prendre en compte les leurs, et chercher ensemble une solution viable pour chacun.

 

Pouvoir s'exprimer est un besoin fondamental de l'être humain et est une partie intégrante de la solution. Écouter l'autre avec authenticité et accepter sa parole, crée du lien positif et permet de développer de l'empathie.

Sans pour autant être d'accord, et en écoutant sincèrement et profondément l'autre, on fait l'effort de le comprendre, et cela participe également de la solution.

Si vous êtes persuadé d'avoir toujours raison, vous ne solutionnez rien du tout !

 

Comment voir les choses de manière positive ?

 

Ces nouvelles attitudes permettent de créer de nouvelles habitudes de penser et de considérer les situations. Avec le temps, nous changeons alors notre façon d'être et d'agir, plus sereine et cela nous évite de râler inutilement.

 

En râlant moins, vous apprenez à gérer les situations autrement, en choisissant les « causes » qui valent la peine de se mobiliser, vous apprenez à garder votre énergie et votre sérénité le reste du temps.

 

Ainsi, vous générez une meilleure qualité de vie, une capacité de faire face aux situations avec plus de recul et donc d'efficacité. Vous sentez alors en vous plus de confiance, de positif et de paix.

 

En conclusion ?

 

« Donnez-moi la force d'accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux changer, et la sagesse d’en connaître la différence. » Marc Aurèle.

Pour finir, tout cela se fait avec le temps et a de plus grandes chances de s'intégrer durablement en vous, si vous l'acceptez et si vous êtes bienveillant avec vous-même.

Car vous avez compris que vous énerver contre vous-même parce que vous n'y arrivez pas assez vite à votre goût, est contre-productif !

De plus, devenir plus doux avec vous-même vous rend plus doux avec les autres, et génère ainsi des relations apaisées.

 

Alors, soyez doux avec vous-même, vous le valez bien !

 

Résumé des étapes :

 

- je sens l'énervement.

- j'écoute mon for intérieur, quel besoin n'est pas satisfait ?

- que puis-je changer dans la situation présente ?

- j'accepte ce que je ne peux changer, j'agis pour changer ce que je peux changer.

- j'exprime mon besoin avec respect pour moi et l'autre.

- j'accepte le résultat quel qu'il soit.

 

Pour en savoir plus :

 

Il existe de nombreuses références, parmi lesquelles :

 

- l'excellent livre de Christine Lewicki « J'arrête de râler ! » et « J'arrête de râler sur mes enfants et mon conjoint ! » et Christine Lewicki et Florence Leroy.

- la communication non violente, qui fait la part belle aux besoins humains et à la manière de les exprimer dans le respect de soi et de l'autre. Marshall B. Rosenberg a écrit de nombreux livres pour commencer ou pour approfondir.

 

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Cet article fait écho en vous et vous éprouvez le besoin de faire le point sur vos propres besoins afin de dépasser vos râleries stériles : une séance de coaching peut vous y aider, demander une séance de diagnostic.

 

 


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